Le Jardin collectif MAVI raconté par Renée et Robert

De gauche à droite, Loïc, chargé de projets en agriculture urbaine, Renée, conseillère en environnement et en développement durable au Cégep Marie Victorin et bénévole au Jardin MAVI et Robert, ex-responsable de la vie socio-culturelle et du plein air au Cégep Marie-Victorin et bénévole au Jardin MAVI. 

C’est en ce magnifique mardi 22 juillet 2025 ensoleillé que j’ai eu la chance de m’entretenir avec deux citoyen·nes du quartier qui œuvrent à faire du Jardin collectif MAVI un havre de bonheur et de partage depuis son ouverture, il y a de cela 13 ans. Renée et Robert, deux amoureux de la nature tels qu’ils aiment se décrire, ont passé leur vie à initier des projets pour sensibiliser les citoyen·nes de Montréal et les cégépien·nes de Marie-Victorin aux enjeux locaux et mondiaux. De la justice sociale à la souveraineté alimentaire, en passant par la protection de l’environnement, leur motivation a toujours été guidée par ce besoin d’être en contact avec la Terre et les gens.

Renée, conseillère en environnement et en développement durable, et Robert, ex-responsable des activités socioculturelles au Cégep Marie-Victorin, se passionnent pour les jardins depuis longtemps. Dès l’âge adulte, Robert avait sa parcelle dans un jardin communautaire. Quant à Renée, une saison de jardinage collectif a suffi pour qu’elle en tombe amoureuse de la formule il y a 20 ans.

Les débuts à MAVI : de l’idée à la concrétisation

C’est Renée qui, devant l’intérêt de la Table de développement social (TDS) à dénicher un lieu pour l’établissement d’un premier projet de biodiversité agricole en ville, a proposé les terrains du Cégep Marie-Victorin. « On est parti·es de rien du tout », se souvient-elle. « On a d’abord commencé par faire de la culture en smart pots, le temps de tester la qualité du sol. »

En 2014, Renée a contacté la Soverdi pour obtenir 35 arbres fruitiers. Au total, 80 arbres ont été plantés en une demi-journée grâce aux bénévoles et aux étudiant·es. Graduellement, le jardin a pris forme. « Chaque année, on apprenait quelque chose de nouveau sur notre jardin », explique Robert. Ces apprentissages, comme le combat contre les marmottes ou les défis d’arrosage, ont forgé le caractère du jardin collectif MAVI et de ses instigateur.trices.

L’importance de l’humilité et de la diversité

Quand je leur demande ce qu’ils ont appris grâce à leur implication, Robert, avec humour, cite sa patience envers les marmottes. Il ajoute : « On a de l’asclépiade maintenant, et des monarques partout autour. Nos maïs poussent mieux en plein soleil que sous une surface semi-ombragée. »

Renée retient deux apprentissages majeurs : « Chaque saison est un éternel recommencement : on rêve un jardin, puis la nature nous surprend toujours. »
Elle souligne aussi l’importance de la diversité, tant des espèces végétales que des parcours humains. Robert ajoute : « Avant qu’une dame haïtienne ne m’explique que les pourpiers sont excellents contre l’anémie, je les arrachais comme des mauvaises herbes ! »

Pour Renée, le succès du jardin se mesure désormais moins aux récoltes qu’à la force des liens sociaux qui s’y tissent.

Conseils pour les futur·es bénévoles

« Être humble », lance Robert. « L’humilité est essentielle. Il faut être autant motivé à désherber qu’à récolter. » Renée, elle, conseille de ne pas avoir peur de ne pas tout savoir. « Le jardin collectif MAVI est ouvert à tou·tes. Chacun·e apporte ce qu’il peut. »

Robert évoque cette bénévole de plus de 80 ans qui, avec sa chaise, désherbe doucement pendant trois heures. « Elle est heureuse, et nous aussi, car elle a toujours plein d’histoires fascinantes à raconter ! »

Plus récemment : défis et opportunités

En 2020, une subvention de l’ÉcoPAP a permis d’agrandir le jardin et de planter de nouveaux arbres dans un deuxième verger. « De plus en plus, les gens apprécient le jardin. Les enseignant·es nous félicitent quand ils passent à proximité », dit Renée.

Pour elle et Robert, le jardin collectif répond à plusieurs enjeux sociétaux, dont la souveraineté alimentaire. Dans une zone encore qualifiée de désert alimentaire, il offre aux citoyen·nes un contact direct avec la terre et une alimentation saine. Il contribue aussi à réduire l’isolement social et à améliorer la santé physique et mentale.

Mot de la fin

Quand je leur demande ce qu’ils aiment le plus, Robert n’hésite pas : « Renée. Sans elle, le jardin n’aurait pas la même signification. » Renée ajoute : « On s’est enracinés dans ce projet ensemble ! »

Leur souhait le plus cher ? Que l’ambiance chaleureuse et vivante de MAVI perdure dans le temps. « Tu entends la musique ? Celle des enfants qui rient, des aînés qui discutent, des feuilles qui bruissent ? Il faut que tout cela reste », s’exclame Robert.

Renée conclut : « Tu sais, la véritable entité qui a rendu ce projet possible, c’est l’espace de concertation. Sans lui et sans l’implication de tous, je n’aurais jamais pu proposer de faire le premier jardin collectif sur ces lieux. »

Je me sens privilégiée d’avoir partagé cet après-midi avec deux personnes aussi passionnées et altruistes. Renée et Robert incarnent des modèles inspirants, ancrés dans la réalité, le cœur ouvert et les mains dans la terre. J’espère que ce récit vous donnera l’élan de semer, à votre tour, des projets porteurs de sens pour le bien commun.

Renée et Robert, dans les tout débuts au Jardin collectif MAVI

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *