Cette année, dans le cadre de l’appel à projets en agriculture urbaine de l’arrondissement de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles, le Centre des femmes de RDP a fait fleurir un tout nouveau projet : le jardin collectif Les Semeuses d’espoir. Porté par Chantal Loua, intervenante-animatrice et coordonnatrice au Centre, ce jardin a transformé un coin du parc de la Molise en véritable oasis d’entraide et d’inclusion.
Le Centre des femmes de RDP œuvre depuis des années à l’amélioration des conditions de vie des femmes de 18 ans et plus, en offrant des services variés comme l’information juridique, le référencement, une halte-garderie et une bibliothèque féministe. Sa mission repose sur trois piliers : inclusion, solidarité et entraide. Le jardin s’inscrit naturellement dans cette démarche : un lieu où l’on cultive autant les légumes que les liens humains.
Un espace pour se rencontrer et respirer
Une vingtaine de participantes se sont investies dans ce projet pilote. Ensemble, elles ont aménagé le parc avec des bacs de culture et des smart pots débordant de légumes variés. Des tables à pique-nique et une balançoire invitent la communauté à venir se reposer, échanger, célébrer les récoltes ou simplement profiter de la nature.
L’ÉcoPAP a eu le plaisir d’y offrir un atelier sur les insecticides écologiques, qui a connu un grand succès. Des plants ont aussi été donnés aux participantes, leur permettant de poursuivre l’expérience du jardinage à la maison, renforçant ainsi leur autonomie alimentaire et leurs connaissances en agriculture urbaine.
Un jardin de solidarité et de résilience
Si les débuts ont été parsemés de petits défis logistiques, la détermination et la solidarité des femmes ont rapidement pris le dessus. Au fil des semaines, le jardin est devenu un lieu de partage culturel et humain : certaines participantes, d’abord timides, ont commencé à raconter comment on cultive dans leur pays d’origine, transformant chaque séance en voyage collectif.
« C’est comme si on les avait enfin découvertes », raconte Chantal Loua. « Elles se sentent bien, écoutées et fières de contribuer à quelque chose de concret. »
Le jardin porte bien son nom : Les Semeuses d’espoir. Il a permis à des femmes de rompre l’isolement, de tisser des liens et de retrouver confiance en elles. La présence d’une participante non binaire et même de quelques hommes venus donner un coup de main illustre la belle ouverture de ce projet.
Pour Chantal, un mot résume cette première année : résilience. Malgré les obstacles, les participantes ont persévéré et se projettent déjà avec enthousiasme vers la prochaine saison. Des tables adaptées pour les tout-petits permettront bientôt aux mamans du Club des mamans de venir jardiner avec leurs enfants — une belle façon d’assurer la relève des Semeuses d’espoir!
Parce qu’ici, on ne cultive pas seulement la terre : on cultive l’espoir et la solidarité.

