Pour une troisième année consécutive, l’arrondissement de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles lançait son appel à projets en agriculture urbaine. Cette initiative vise à soutenir les organismes et établissements d’enseignement du territoire qui souhaitent développer des projets collectifs contribuant à des réponses concrètes aux enjeux alimentaires, environnementaux et sociaux de leur milieu. En 2025, le 266e groupe scout de Pointe-aux-Trembles a été choisi pour porter ce bel appel à cultiver ensemble.
Sous la coordination de Jean-Luc Bedwani, animateur scout passionné de nature et de pédagogie, une centaine de jeunes — des Castors aux Routiers — ont participé à la création et à l’entretien d’un jardin collectif au parc Saint-Jean- Baptiste. Pendant neuf mois, le projet a rassemblé jeunes, parents, membres du club de pétanque et résidents du quartier autour d’une même mission : apprendre à vivre en société, comprendre notre lien à la nature et en prendre soin.
Les jeunes ont construit eux-mêmes les bacs de culture — quatre grands bacs et plusieurs smart pots — puis semé, arrosé, désherbé et récolté tout l’été. Tomates, concombres, fines herbes, haricots, carottes, piments, capucines et tournesols ont fleuri sous leurs soins. Des tests de goût et ateliers culinaires ont permis de découvrir la richesse des aliments cultivés localement, dans la bonne humeur et la curiosité.
L’expérience a été formatrice à plusieurs niveaux. Les plus jeunes ont appris à faire pousser leurs propres semis, tandis que les plus grands ont développé un véritable sens de la responsabilité collective. Tous ont pu récolter, en plus des légumes, une belle dose de fierté : plusieurs jeunes ont obtenu le badge Colibri (pour leur contribution à un projet durable) et le badge Messager de la paix (pour avoir fait rayonner le projet dans leur communauté).
Le parcours n’a pas été sans défis. Trouver la bonne formule et obtenir les autorisations nécessaires pour jardiner sur le terrain du parc a demandé de la coordination entre les scouts, l’arrondissement et l’ÉcoPAP. Le démarrage des semis a aussi apporté son lot de surprises — certaines pousses capricieuses ont dû être remplacées par de nouveaux plants — mais ces ajustements ont renforcé l’esprit d’équipe et la capacité d’adaptation de tous les participants.
Pour Jean-Luc, la plus belle leçon est peut-être celle de l’acceptation et de la collaboration : apprendre à composer avec les imprévus, à partager les responsabilités et à reconnaître la richesse de la diversité des idées. « C’est une expérience de neuf mois qui a demandé de l’engagement, mais qui a apporté énormément de fierté et d’apprentissage », souligne-t-il.Aujourd’hui, plusieurs jeunes souhaitent déjà reproduire l’expérience à la maison, preuve que le projet a semé bien plus que des légumes : il a planté les graines d’un rapport renouvelé à la nature et à la communauté.
Jean-Luc en plein démarrage des semis avec les jeunes !
S’il fallait résumer cette aventure en un mot, ce serait collaboration. Une collaboration entre générations, entre partenaires, entre humains et nature —exactement ce que l’agriculture urbaine cherche à cultiver. 🌻

