Un verger urbain : le début d’une économie verte 

Si manger des fruits frais nous procure un bien-être, tant au niveau de la santé que des papilles gustatives, cela représente aussi un moment de convivialité lorsque nous pouvons les partager entre nous. L’avantage est encore plus grand lorsque nous avons accès à un verger près de chez soi.

C’est dans cette optique que le nouveau verger aux jardins MAVI a été imaginé. En effet, l’implantation d’un verger composé d’une variété d’arbres et d’arbustes fruitiers est à la fois un moyen pour les citoyens et citoyennes de se réapproprier l’espace urbain à des fins alimentaires, mais aussi un outil de développement durable pour les collectivités. Cultiver ses fruits et légumes dans les jardins communautaires, sur son terrain, sur nos balcons ou sur les toits d’immeubles est de plus en plus répandu au Québec et ailleurs. L’agriculture urbaine est donc une activité de plus en plus appréciée!

Les bénéfices d’un verger urbain

Sur l’autonomie alimentaire

Développée au fil du temps, l’agriculture urbaine est devenue indispensable en matière de sécurité alimentaire. En effet, les changements climatiques, la croissance exponentielle de la population et la réduction des milieux agricoles ont entraîné l’augmentation des prix des aliments et la diminution de l’accessibilité des denrées alimentaires. C’est ainsi que l’agriculture urbaine prend son importance en encourageant les citoyens et citoyennes à produire des fruits et des légumes à portée de main, de manière saine pour la nature et pour les humains. Avoir une autonomie alimentaire au Québec signifie une diminution des gaz à effet de serre liés à l’importation massive de produits hors saison. Une autonomie alimentaire au Québec signifierait un changement dans certaines de nos habitudes alimentaires, par exemple, en choisissant de ne plus consommer des bananes, des mangues ou des fruits tropicaux. À la place, préférer les pommes, les pêches et d’autres fruits locaux. Ainsi, en consommant des aliments locaux, saisonniers et biologiques, l’impact environnemental lié au traitement, à l’emballage et au transport des aliments diminuerait.
L’implantation d’un verger permettrait ainsi de cueillir nos fruits frais directement de l’arbre, localement et en saison.

Sur la santé

L’agriculture urbaine a aussi des bénéfices sur la santé humaine et environnementale. En effet, afin d’augmenter les rendements, l’agriculture intensive utilise des produits chimiques (pesticides, herbicides, insecticides, fongicide) ou modifie génétiquement le génome d’une plante pour la rendre résistante à certaines maladies et au froid. Ces derniers peuvent être dévastateurs sur notre santé et sur l’environnement. Par ailleurs, plusieurs maladies comme le Parkinson, les malformations et des cancers ont été détectées chez des personnes ayant été exposées aux pesticides.

En parallèle, les organismes génétiquement modifiés causent des impacts environnementaux en détruisant les représentations patrimoniales de la nature et en constituant un danger pour la santé de la reproduction humaine. (Gouvernement du Québec, 2011).

Ainsi , voici encore une des raisons de privilégier l’agriculture en urbain afin d’obtenir des aliments locaux et sains pour notre santé.

Sur la biodiversité

En plus de produire des fruits, les arbres fruitiers ont la capacité de capter le dioxyde de carbone, de produire de l’oxygène, de réduire les îlots de chaleur, les effets de serre, les nuisances sonores et l’érosion des sols. Les arbres ont une multitude de rôles et sont bénéfiques pour notre bien-être. Étant un des meilleurs outils pour attirer le regard des citadins sur l’environnement urbain, il représente un fort impact, à la fois sur notre cadre de vie, sur l’écosystème, et sur la santé.

Un exemple des conséquences tragiques de nos actions est la diminution de 50% des abeilles dans le monde durant les 25 dernières années. Ces insectes jouent un rôle primordial pour les humains car ils pollinisent un tiers des fruits et légumes que nous consommons. Leur disparition aurait donc un impact majeur sur l’agriculture.

C’est pourquoi il est important de planter des fleurs pollinisatrices ou de ne pas tondre son gazon couvert de pissenlits afin de permettre aux abeilles de jouer leur rôle.

Crédit photo: Nella Sammartino

Sur la société

Plus qu’un simple verger, le jardinage est une activité qui procure une sensation de bien-être. En effet, des hormones, les endorphines, sont libérées lors d’activités de jardinage comme la plantation, de l’entretien, des récoltes et de la cuisine. De plus, prendre de l’air, bouger, rencontrer d’autres jardiniers aide à diminuer le taux de cholestérol ainsi que la pression artérielle, ce qui nous aide à avoir une société plus en santé.

La composition du verger est la clé de la réussite

Le Québec est connu pour son hiver lent et froid. Ainsi lorsqu’on décide de planter des arbres fruitiers, il faut tenir en compte plusieurs facteurs. Tout d’abord, le choix de l’espèce et du cultivar à planter est très important, non seulement pour son ornement mais aussi par rapport à la qualité et à la saveur de ses fruits. Il faut aussi prendre en considération le type de sol, le climat et l’ensoleillement du plant.

Ainsi, lors de la plantation du verger aux jardins MAVI, plusieurs variétés de petits fruits, comme les framboisiers, les baies de gogi, les muriers mais aussi des arbres, comme les pommiers, les poiriers et les pruniers, ont été plantés car ils peuvent se développer dans un sol de type argileux.

Résolter toute la saison

Le choix des différentes variétés est aussi important afin d’avoir des récoltes en continu pendant toute la saison. C’est pour cela que dans les jardins MAVI, 6 variétés de bleuetiers et 3 variétés de framboisiers ont été plantées.

Peu d’entretien

Les espèces et variétés peuvent également être choisies en fonction de leur quantité de travail requise pour leur entretien. C’est-à-dire qu’arbuste avec une bonne rusticité, résistant aux insectes ravageurs et aux maladies fongiques, nécessitera moins d’entretien d’hiver ainsi que moins de traitements phytosanitaires.

En effet, lors de nos choix de noisetiers, le noisetier hybride a été sélectionné car il s’agit d’une variété peu ou rarement attaquée par les insectes comme le balanin de nos coudriers.

Type de pollinisation

Le choix d’espèces doit se faire aussi en fonction du type de pollinisation. En effet, un plant auto fertile, comme l’abricotier tildon est une espèce monoïque. Une espèce monoïque comporte les organes sexuels mâles et femelles à différents endroits sur le même pied. À l’opposé, le kiwi arctique est une espèce dioïque . Une espèce dioïque ne porte qu’un seul type de gamète c’est-à-dire, par exemple, que le kiwi arctique a besoin d’un plant mâle pour 6 à 10 plants femelles afin d’effectuer une pollinisation croisée. C’est ainsi que suite à la pollinisation, c’est-à- dire lorsque le pollen germe, un tube se développera, permettant aux spermatozoïdes d’atteindre un ovule . La fusion du spermatozoïde et de l’ovule va ainsi créer un embryon qui deviendra la graine.

Conclusion

Maintenant que vous avez observé les nombreux bénéfices de l’implantation d’un verger en milieu urbain, vous pouvez, vous aussi, devenir des acteurs de changement en contribuant aux jardins collectifs. En vous impliquant et en donnant un peu de votre temps, nous nous assurons ensemble que ce beau verger grandisse en parfaite santé.

Prenons soin de notre verger comme on prendrait soin de nos enfants!

 

Cynthia Wong

Chargée de projet en agriculture urbaine

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