Les effets dévastateurs de l’Internet

L’utilisation d’Internet a connu un essor fulgurant depuis le début de la pandémie de Covid-19; or, le monde virtuel n’est pas aussi immatériel que son nom le sous-entend, et il a de bien réelles conséquences sur notre environnement.

Internet, un service énergivore

Les statistiques le démontrent toutes, et vous-mêmes pouvez sûrement en attester : jamais l’être humain n’a autant utilisé l’Internet que durant la dernière année, alors que la majorité de la population a dû déménager la quasi-entièreté de ses activités quotidiennes dans l’univers virtuel.

L’utilisation de trois sites au début de l’année 2020, aux États-Unis, The virus changed the way we internet, New-York Times, Avril 2020

Que ce soit pour nos courriels, textos, vidéos YouTube ou requêtes Google, chaque activité qui se sert d’Internet passe par un centre de données. En bref, un centre de données (data center en anglais) est un ensemble de serveurs (des ordinateurs très puissants) où les données numériques sont stockées et distribuées, soit vers la population (par Internet), soit vers un autre centre de données. Ses installations conséquentes produisent beaucoup de chaleur, ce qui peut en empêcher le bon fonctionnement. Ces centres de données  doivent donc être climatisés en tout temps.

Un centre de données

Ces centres nécessitent donc une quantité très importante d’énergie (il est prévu qu’au rythme actuel, ils consommeront plus de 10 % de l’électricité mondiale en 2030), en plus de dégager près de 3 % des émissions de gaz à effet de serre globales, ce qui est plus que celles générées par le transport aérien!

De plus, les sites et applications les plus populaires ne consomment malheureusement, encore que trop peu d’énergies propres, telles que l’hydroélectricité et la géothermie, pour alimenter leurs centres de données.

Le site http://www.clickclean.org/international/fr/, créé par Greenpeace, est très utile pour en apprendre plus sur les sources d’énergie des « géants du Net ».

Types d’énergies utilisés par quelques sites, La pollution numérique, Ville de Montréal

D’ambitieux projets pour réduire la consommation d’énergie

De nombreuses solutions pour limiter la voracité énergétique de ces centres de données ont été imaginées. Il serait notamment possible de remplacer la climatisation par un système de refroidissement liquide – et une telle résolution serait certes plus efficace, mais également très coûteuse. Les entreprises Sumber Immersion Cooling et Zutacore ont, elles, proposé de baigner dans un liquide adapté les puces qui composent les serveurs des centres de données; cependant le même problème financier se poserait.

D’autres ont pensé faire d’une pierre deux coups et se servir de la chaleur dégagée par les centres de données pour chauffer des édifices et des serres; or, il s’agirait encore une fois d’une démarche complexe, qui nécessiterait l’application de réglementations gouvernementales.

Mais ne vous découragez pas! En 2018, dans le cadre du projet Natick, Microsoft a tenté pour la première fois de submerger un centre de données en mer écossaise, et l’expérience s’est avérée concluante. Les centres sous-marins seraient, selon la multinationale, « fiables, réalisables et une utilisation durable de l’énergie ». Une solution inattendue!

 

Le centre de données sous-marin de Microsoft, Projet Natick hors de l’eau, Spiria

Faire sa part

Nous le savons, l’Internet est devenu une partie intégrante de nos vies, et par conséquent nous ne pouvons pas vraiment supprimer notre compte Gmail et aller vivre dans le désert; mais il y a un certain nombre d’actions très simples et concrètes que nous pouvons tout de suite poser afin de réduire notre empreinte numérique, et ainsi contribuer à la diminution de la consommation d’énergie des centres de données.

  • Faire le ménage de sa boîte de courriel. Se désabonner des infolettres qu’on ne lit pas. Supprimer ses pourriels.
  • Ne pas faire davantage de recherches sur Google que nécessaire.
  • Fermer les onglets inutiles.
  • Écouter les vidéos à basse résolution. Idéalement, limiter le visionnage de vidéos.
  • Préférer le Wi-Fi à la 4G (qui consomme davantage d’énergie), quand c’est possible.
  • Désactiver la lecture automatique de vidéos sur YouTube et sur Facebook.
  • N’acheter de nouveaux appareils électroniques que lorsque c’est nécessaire (en effet, seulement 20 % des déchets électroniques sont recyclés).

L’important est donc de se demander si ce qu’il se passe sur votre appareil est réellement utile (quels onglets sont ouverts? quelles applications fonctionnent en arrière-plan?) : si ce n’est pas utile, fermez-le ou supprimez-le, tout simplement; et si ce l’est, vous pouvez chercher un moyen de réduire sa consommation de données numériques.

Rappelez-vous qu’une foule d’individus imparfaits, mais conscients, vaut mieux qu’une poignée de vertueux perdus en plein désert!

Sources

Noah Boisjoli-Jebali, Patrouilleur vert 2021

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