Une nouvelle tendance

Dans le contexte d’une société au ralenti, on a le temps de poser un regard sur des aspects de l’économie qui normalement passeraient inaperçus. Une des industries qui voit son étendue particulièrement affectée par la crise est également l’une des plus polluantes au monde: la mode!

Parlons de libre-échange

Résultant du mouvement économique de néolibéralisme, le libre-échange a accentué la culture de surconsommation laissée par le capitalisme. Le libre-échange considère qu’une société en santé doit atteindre son plein potentiel commercial, avec l’enlèvement des plafonds sur les profits et des réglementations restrictives sur le commerce.

Les entreprises de vêtements sont donc libres d’importer les matériaux, d’extraire des ressources et gérer leur main-d’oeuvre comme cela leur convient. Pas tenues de considérer la valeur environnementale de la production; elles ne sont pas contraintes aux amendes d’émissions polluantes et aux normes environnementales de déchets toxiques.

Les maisons de marques vont exporter leurs usines de vêtements et accessoires, souvent dans des pays du tiers monde, et se procurer une main-d’oeuvre pour une fraction du prix que coûterait du personnel local. Quant à eux, les manufacturiers ne se voient pas dans l’obligation d’offrir des conditions de travail ou des salaires équitables à leurs employés. L’offre et la demande doivent augmenter exponentiellement et toute déviation est considérée nuisible à l’entreprise; la compétition est féroce et les marques peuvent changer d’usine de fabrication à tout moment.

Fast-fashion mis sur pause

Ces paramètres de production ont donné naissance au mouvement du fast-fashion. Basé sur les tendances éphémères, les collections suivent des cycles de courte durée dans le but d’inciter les consommateurs de constamment mettre à jour leurs garde-robes, achetant des grandes quantités de vêtements à petit prix.

Il y a une production constante, sans suivre les repères traditionnels de saisons : les manufacturiers exportent les biens, qui sont importés par les maisons de marques, vendus au grand public et éventuellement retrouvés dans un site d’enfouissement…et le tout recommence!

Par contre dans le contexte actuel, les boutiques doivent fermer leurs portes et vivre sans leur principale source de revenus. Les commandes aux manufacturiers sont annulées et ces derniers se voient dans l’obligation de diminuer ou d’arrêter la production dans les usines et de mettre en place des mesures sanitaires. Les employés se retrouvent donc sans emploi et sans sécurité financière. La marchandise s’accumule également dans les entrepôts.

Au-delà du modèle existant 

Nos achats ont une influence sur les chaînes de production. En effet, nous faisons face à une nouvelle opportunité de rediriger nos ressources vers une économie durable. Pour ce faire, les fabricants locaux sont soutenus, les profits sont réinvestis dans les communautés et les coûts environnementaux reconnus. 

Il ne suffit pas de mettre un branding équitable quand ultimement la main-d’oeuvre est exportée, dépendante de commerce étranger, à des coûts environnementaux destructeurs et les profits sortent des communautés. 

L’industrie de la mode actuelle est fortement dépendante de l’extraction des matières premières, dont les textiles, des pays du tiers monde. En contrepartie, plusieurs boutiques, comme Fabricville ou Club Tissu, offrent des marques de textiles faits au Québec. La BANQ a également publié une liste de fabricants québécois.

Une autre façon de rediriger vos investissements est de fabriquer vos propres vêtements. Il existe une panoplie des tutoriels en ligne qui montrent comment coudre en plus des réseaux d’échange, qui se partagent des ressources de techniques de couture allant jusqu’à l’échange d’outils.

Les designs quant à eux, sont disponibles un peu partout et il y a plusieurs entreprises qui offrent des patrons gratuits, imprimables ou sous format PDF. 

Ces patrons ne s’arrêtent pas aux vêtements! Vous y trouverez aussi des accessoires clés pour faciliter la transition vers le zéro déchet, tels que les tampons démaquillants ou sacs réutilisables.

Et enfin, il y a de plus en plus de boutiques qui offrent des produits faits localement et de plus de ressources pour choisir ses vêtements consciencieusement.

Pour l’instant, ce qui est apparent de l’industrie de mode c’est qu’elle ne peut pas perdurer indéfiniment. De plus, il y a de sérieuses conséquences quand elle est mise sur pause! En contrepartie, un cycle de production durable peut avoir un impact positif sur la qualité de votre garde-robe, ainsi que les chaînes de fabrication, le bien-être des ouvriers et les écosystèmes.  

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