Le symposium Ouranos : l’adaptation aux changements climatiques en question

Du 15 au 17 novembre s’est tenu le 7e symposium de l’organisme Ouranos au Plaza Centre-Ville. Ouranos est un consortium regroupant plusieurs partenaires qui réfléchissent et proposent des actions pour l’adaptation aux changements climatiques.

 

Kamaliddine Mohamed  kamaliddine.mohamed@ecopap.ca

Grâce aux nombreux collaborateurs avec lesquels l’organisme travaille, Ouranos a pour ambition «d’informer les décideurs sur l’évolution du climat et les aider à identifier, évaluer, promouvoir et mettre en œuvre des stratégies d’adaptation nationales, régionales et locales».

L’événement, qui s’est déroulé durant 3 jours, a réuni des scientifiques, des politiques, des ingénieurs de structures gouvernementales ou para gouvernementales ou encore des organismes à but non lucratif. Ce sont en tout 18 présentations de travaux de recherches ou de projets qui ont été données par des spécialistes du climat, deux conférences en session plénière qui ont proposé de faire connaître les outils développés pour une meilleure connaissance des changements climatiques, débattre de l’économie à l’épreuve des catastrophes de plus en plus fréquents mais aussi avoir une réflexion sur la science et la prise de décision concernant l’adaptation aux événements climatiques extrêmes.

La première de ces présentations, celle de M. Gavin Schmidt, climatologue à la NASA a été très éloquente notamment en faisant remarquer que le climat de janvier actuel correspond à celui de mars dans la période préindustrielle et que ces changements peuvent s’observer au niveau micro comme macroscopique.

Des outils de pointe et des projets plus locaux tentent de répondre dans la mesure du possible aux problématiques posées par les inondations, tempêtes, émissions de gaz à effet de serre ou encore à la trop grande emprise de l’asphalte sur le verdissement au Québec :

  • Le projet Climex (une collaboration Québec-Bavière), Aquarisc, l’atlas hydroclimatique, ou encore l’atlas de la vulnérabilité de la population aux aléas climatiques, sont des outils qui ont été présentés pour illustrer le travail de recherche qui est fait pour mieux connaître les effets sur nos ressources ou les différents scénarios des changements climatiques.
  • La phytoépuration à Ville Saint-Laurent, le projet ILEAU, la trop grande emprise du stationnement sur le bâti, l’agriculture urbaine de plus en plus pratiquée ou encore le contrôle de l’herbe à poux sont certaines des initiatives exposées et qui permettent d’agir localement sur les effets des changements climatiques.
  • Ouranos a aussi commencé à développer des projets avec des collaborateurs étrangers comme au Tadjikistan pour le renforcement des infrastructures contre les changements climatiques ou encore leur prise en compte dans les décisions publiques au Maroc.

Le nombre de projets de recherche sur l’adaptation étant trop important, Ouranos a aussi proposé à ceux et celles qui ne pouvaient présenter, d’afficher certains résultats de leurs travaux afin que les participants puissent en prendre connaissance. Ce sont en tout 50 projets qui vont de l’adaptation dans les fermes laitières aux scénarios de températures dans la Baie d’Hudson en passant par l’étude de la tempête de 1998, qui ont été exposés.

Les experts et praticiens qui ont fait des présentations lors de cet événement ont dressé un bilan de 15 années de collaborations en matière de recherche et d’innovation pour que les humains en général et les québécois en particulier s’adaptent aux défis des changements climatiques. Si différentes hypothèses permettent de concevoir des scénarios dont certains sont plus probables que d’autres, la conclusion reste que l’homme a une responsabilité dans ces catastrophes. Mais il a aussi la capacité de les atténuer si les informations des scientifiques sont mieux prises en compte dans la prise de décision et que les citoyens eux-mêmes intègrent dans leur mode de vie les changements difficiles mais nécessaires pour la diminution ou tout du moins le maintien de la différence de température mondiale à moins de 2º par rapport à celle de la période préindustrielle d’ici 2100. Le combat est loin d’être gagné puisque, la COP23 qui se déroulait au même moment à Bonn a accouché de promesses creuses et sans véritables contraintes pour les nations signataires.

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