Produits d’origine animale: leurs impacts environnementaux

Il est souvent question de réduction de la consommation de viande et autres produits d’origine animale lorsqu’on parle d’environnement. Mais quels sont leurs véritables impacts environnementaux?

Avant toute chose, il faut savoir que pour élever un animal, il faut beaucoup de ressources végétales. En moyenne, pour produire 1kg de viande, il faut 5 kg de céréales[1]. Beaucoup d’énergie est utilisée pour maintenir le métabolisme de l’animal et donc seulement qu’une faible portion de l’énergie ingérée est réellement transmise au consommateur comme l’illustre la figure ci-dessous. Il y a une perte considérable d’énergie à chaque niveau trophique.

Déforestation

Pour faire pousser toute cette nourriture, il est bien souvent nécessaire de raser ou de brûler de grandes superficies d’arbres entraînant divers effets néfastes :

  • Diminution la possibilité des arbres de capter le CO2 présent dans l’air lors de leur photosynthèse;
  • Modification les sols, notamment du taux d’évapotranspiration et diminution l’albédo (% de réflexion de la lumière par le sol[2]), ce qui perturbe le climat local[3];
  • Réduction de la superficie des habitats naturels de plusieurs espèces déjà en péril.

La figure ci-dessus donne un aperçu de la demande en superficie de différentes cultures.

EAU

Pollution de l’eau

La pollution de l’eau est un gros sujet en agriculture. Effectivement, les pesticides et engrais chimiques utilisés à profusion dans plusieurs cultures populaires ne sont pas seulement en cause du déclin des abeilles, nos fidèles pollinisatrices. Ces produits percolent également jusqu’aux cours d’eau avoisinants et à travers le sol jusqu’aux nappes phréatiques mettant en danger, entre autres, la vie aquatique. Certains pesticides perturbent même le système reproducteur des poissons et amphibiens[4]!

Consommation d’eau

Comme c’est le cas pour la consommation de végétaux, la production animale consomme également énormément d’eau. Comme le démontre la figure ci-dessous, produire 1 kg de bœuf nécessite 15 500 L d’eau, en opposition à la production végétale qui en consomme au minimum 8 fois moins.

Ceci s’explique par le fait que 98% de la consommation d’eau totale provient de la production de nourriture (grains et autres végétaux) pour les animaux[5]. Ils doivent en effet consommer une grande quantité d’eau avant d’atteindre leur maturité et d’être finalement abattus.

Émissions de GES

La contribution de l’élevage aux émissions de GES produits par l’humain s’élève à près de 15%[6].

Comme mentionné plus haut, la culture intensive de végétaux nécessaire à la production animale demande des champs qui prennent la place de milieux naturels tels que les forêts. Celles-ci jouent un rôle crucial dans le contrôle des GES en captant le CO2 atmosphérique pour en faire le l’oxygène.

De plus, cette industrie génère divers GES aux différents niveaux de production. Par exemple :

  • La machinerie nécessaire à semer, entretenir et récolter les grains. En effet, elle fonctionne grâce aux combustibles fossiles responsables des émissions de GES.
  • L’acheminement des grains jusqu’aux élevages.
  • La digestion qui résulte, chez les ruminants, en une émission importante d’un GES particulier : le méthane (CH4). Le CH4 à un pouvoir de réchauffement 28 fois plus élevé que le CO2[7], ce qui explique son importance dans les discussions sur les changements climatiques malgré sa quantité relativement moindre que les autres sources de GES (transport, industries, etc.).
  • Les déjections animales sont également une source non négligeable de GES. Elles relâchent du N2O, un gaz ayant un pouvoir de réchauffement 265 fois supérieur au CO23.
  • De l’énergie est également nécessaire pour chauffer et éclairer les installations.
  • Le transport des animaux vers les abattoirs où les installations requièrent encore une fois de l’énergie pour fonctionner.

Les différentes étapes et leurs pourcentages respectifs sont illustrés dans la figure ci-dessous.

En conclusion, pensons à l’impact que nous avons chaque fois que nous choisissons ce que nous mettons dans notre assiette. Gardons aussi en tête qu’environ 75% de toutes les terres agricoles sont destinées à la production animale, même si elle contribue seulement à 8% des calories dans le monde[8].

Ressources à consulter:


[1] Kartable: Les ressources alimentaires végétales et animales pour nourrir l’humanité

[2] Larousse

[3] FAO: Les arbres et les forets, sources et puits de GES et de carbone

[4] Gouvernement du Québec: Rapport sur l’état de l’eau et des écosystèmes aquatiques au Québec

[5] Water footprint network: water footprint of crop and animal products

[6] FAO: Élevage et changements climatiques

[7] Association végétarienne de France: changement climatique

[8] Lesceptique: Viande et végétaux: comprendre les impacts environnementaux de nos choix alimentaires


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