La friche ferroviaire de Pointe-aux-Trembles

 Par Charlie-Anne Bonnet, charlie.anne.bonnet@ecopap.ca

Longue de 5 km, cette emprise ferroviaire marque le paysage de Pointe-aux-Trembles depuis plus d’un siècle.  L’idée de convertir celle-ci en un projet urbain innovant dans l’Est de Montréal, n’est pas nouvelle. Au début des années 2000, rapidement après le démantèlement des rails, de nombreux projets sont proposés. Pourtant presque 20 ans plus tard ; le site est toujours désaffecté.

Crédit photo : Atelier, histoire de PAT

C’est à la fin du 19e siècle que la compagnie Montréal Belt Line construit un tronçon de 18 kilomètres de la gare Moreau (Hochelaga-Maisonneuve) jusqu’au Bout de l’île. La compagnie avait un projet ambitieux ; le Bout-de-l’île Park, un superbe domaine de villégiature[1]. Ce n’est donc pas d’hier que la nature de Pointe-aux-Trembles fait sa renommée.

Durant plus de 50 ans cette ligne de train contribuera à l’essor économique et démographique du quartier.  C’est en 1943, que le Canadien National inaugura sa nouvelle ligne de la Gare Centrale, qui passait par Mont-Royal, Ahuntsic, Montréal-Nord, Rivière-des-Prairies et se terminait à la nouvelle gare de passager au bout de l’île à la hauteur de la 64e avenue qui sera en service jusqu’en 1986[2]. L’ancien tronçon, qui longe la rue Victoria, servira au transport des marchandises jusqu’au début des années 2000, alors que l’AMT acquiert progressivement des parcelles et démantèle les rails.

Crédit photo : LANDE

Dès la disparition des rails, une question émerge au sein de la communauté : comment allons-nous réhabiliter ce terrain ? À l’époque un projet de voies rapides de transport en commun avait été envisagé par les instances gouvernementales. Toutefois, cette proposition avait été freinée par une forte opposition citoyenne, craignant une perte de tranquillité dans le voisinage.

Depuis plus de 15 ans, le site laissé en friche est pourtant utilisé de façon informelle par les citoyens ; course à pied, passage pour écolier, parc à chien, promenade et puisque le site n’est pas encadré, on y retrouve aussi des nuisances ; motoneiges, dépôt illégal de matières, criminalité.

À l’automne 2016, des citoyens qui désiraient aller de l’avant avec la mise en valeur de ce site ont interpellé LANDE, un organisme à but non lucratif qui aide des groupes citoyens à se réapproprier des terrains vacants de façon temporaire ou permanente à Montréal. Trois rencontres ouvertes à tous ont été tenues, en novembre, janvier et mars, afin de réfléchir conjointement aux enjeux, au contexte, aux usages et aux besoins qui touchent ce site.

Crédit photo : LANDE

D’une voix commune, en concertation avec les organismes communautaires du quartier, les citoyens se mobilisent pour créer rien de moins que le plus long parc linéaire de Montréal ; on peut imaginer un grand espace vert composé de nombreux arbres, du mobilier urbain, de l’éclairage, des jardins collectifs, une piste multifonction (vélo, marche, ski de fond), un lien fort pour tout le quartier.

Afin de porter le message des Pointeliers, LANDE engage le dialogue avec les grands décideurs du projet ; l’Arrondissement, l’AMT, la députée de circonscription. Toutefois, la puissance de ce message trouvera sa force dans la mobilisation citoyenne. Je vous invite donc à vous impliquer lors de la prochaine rencontre le mardi 4 avril prochain à 19h à la Maison du Citoyen ( Salle des couventines ). Rejoignez des citoyens de tous les âges et toutes les origines pour vous impliquez à faire de ce terrain le plus long parc linéaire de Montréal.

La page Facebook officielle de la Mobilisation pour la friche ferroviaire de l’Est

[1] Voies pointelières, d’hier à aujourd’hui. Pierre Desjardins, 2006. P.20

[2] Voies pointelières, d’hier à aujourd’hui. Pierre Desjardins, 2006. P.23


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