Compostage et jardinage

Compostage

Le compostage est un procédé par lequel les matières organiques se décomposent à l’aide de millions de micro-organismes pour former un compost riche en minéraux. Il s’agit d’une excellente manière de réduire les déchets envoyés dans les sites d’enfouissement tout en valorisant les matières organiques. Il est possible de faire du compostage à la maison de deux manières, soit le compostage domestique et le lombricompostage.

Le compostage domestique

Il existe plusieurs types de composteurs selon les besoins de chaque citoyen. Certains sont fait de plastique et sont donc plus résistants mais absorbent davantage la chaleur s’ils sont noirs et peuvent rendre les matières plus sèches. Il existe aussi des modèles faits en bois qui sont plus esthétiques mais parfois moins résistants à long terme. Les composteurs sont munis d’une trappe sur le dessus pour le dépôt des matières et certains d’entre eux ont également une trappe au bas d’une des parois pour permettre de récupérer le compost. De plus, certains permettent une rotation, ce qui évite le brassage à la main. Voici un aperçu des différents modèles qui se vendent en magasin (les prix sont sujets à changement), bien qu’il soit également possible d’en fabriquer un soi-même :

Modèles

Caractéristiques

Modèles

Caractéristiques

Garden Gourmet

En plastique noir,  environ 60$

Blue Planet

En plastique bleu, environ 150$

Machine à terre

En plastique noir, environ 70$

NatureMill (élec)

Pour l’intérieur, électrique, environ 400$

En bois

Environ 150$, selon le modèle

Sun-Mar

Permet la rotation, environ 330$ ou 480$ selon le modèle

Attention : Les citoyens doivent noter que de tels composteurs ne sont pas vendus par l’Éco de la Pointe-aux-Prairies. Cependant, il est possible d’obtenir de l’information en nous contactant par téléphone ou en venant nous rencontrer.  Par ailleurs, nous offrons des formations complètes sur le compostage au printemps.  

Une fois acheté, le composteur est installé dans la cour, sur la pelouse, et il laisse entrer les micro-organismes présents dans le sol pour qu’ils puissent effectuer leur travail de décomposition des matières puisqu’il n’a pas de fond. Il suffit de choisir un endroit disponible dans la cour et d’y poser le composteur (certains sont munis de piquets qui s’enfoncent dans le sol). Cependant, il faut éviter un creux où l’eau risquerait de s’accumuler. Si l’endroit choisi est souvent ensoleillé, il est davantage possible que les matières dans le composteur deviennent plus sèches.  Il faudra donc humidifier le contenu du composteur à l’occasion, selon le besoin. D’un autre côté, si le composteur est placé à un endroit plus à l’ombre, il se peut qu’il y ait davantage d’humidité créée par la décomposition des matières. Dans ce cas, c’est en ajoutant davantage de matières sèches comme des feuilles mortes ou du papier journal en lambeaux qu’il sera possible d’atteindre un bon équilibre dans le composteur.

Ensuite, il faut installer de petites branches au fond du composteur, celles-ci permettant de soutenir les matières qui les couvriront et d’assurer un bon apport en oxygène au fond du composteur. Par la suite, les matières qu’on dépose dans le composteur doivent pouvoir respecter un certain équilibre selon leur humidité, leur composition chimique et leur porosité. D’abord, aux matières humides comme le gazon coupé ou les résidus de fruits doivent s’ajouter des matières sèches comme le papier pour diminuer les risques de mauvaises odeurs causées par un surplus d’humidité. Ensuite, il faut équilibrer la quantité de matières dites carbonées (brunes) comme les feuilles mortes qui se décomposent très lentement en ajoutant des matières azotées (vertes) comme des pousses vertes, qui elles auraient tendance à pourrir sans cet équilibre. Enfin, il faut alterner le dépôt de matières grossières comme des petites branches et de matières fines comme l’herbe coupée afin d’avoir une circulation adéquate d’oxygène dans le bac.

Enfin, pour bien entretenir le composteur, il est important de brasser les matières régulièrement, soit environ aux deux semaines, afin d’assurer un apport en oxygène. Ce brassage peut être facilité si vous possédez un composteur à rotation. Autrement, c’est à l’aide d’une fourche ou d’une pelle qu’il faudra brasser les matières. Ensuite, le travail à l’intérieur cessera en hiver et c’est entre 4 mois et 1 an plus tard qu’il sera possible de récupérer un compost homogène et foncé pour enrichir le potager, les plates-bandes, le gazon, etc. Si certaines matières n’ont pas été entièrement décomposées lorsque le compost est récupéré, elles pourront être remises dans le composteur. 

Le lombricompostage

Le lombricompostage permet de faire du compostage à l’intérieur de la maison, pour ceux en particulier qui n’ont pas de cour où déposer un composteur domestique. On fait du lombricompostage à l’aide d’un bac de plastique avec un couvercle (bac de rangement) où seront percés des trous d’aération et au fond duquel on installe du géotextile ou une pièce de moustiquaire afin d’empêcher la terre et les vers de sortir par les trous de drainage. Ce sont des vers bien particuliers, portant le nom de Eisenia fœtida ou vers rouges, qui feront le travail de décomposition dans le bac. 

Dans le bac, il faut donc mettre une certaine quantité de ces vers, ainsi que de la terre et du papier déchiqueté en surface afin d’absorber l’humidité. Par la suite, il s’agira d’enfouir les matières organiques sous la terre à tous les deux jours, en alternant la section de dépôt des matières pour éviter l’accumulation.  Si les matières sont bien enfouies et déposées en quantité raisonnable, et que l’humidité est contrôlée à l’aide du papier déchiqueté, le travail des lombrics se fera sans problème et permettra rapidement d’obtenir un riche compost et même, grâce à la reproduction des lombrics, de créer un nouveau bac entre 6 et 12 mois plus tard.

Que peut-on mettre dans le composteur domestique et le lombricomposteur?

Matières

Composteur domestique

Lombricomposteur

Pelures de fruits et légumes

Oui

Oui, sauf kiwis et prunes

Pain, riz et pâtes (sans sauce)

Oui

Oui

Sachets de thé

Oui

Oui

Filtres à café en papier et marc de café

Oui

Oui

Coquilles d’œufs

Oui

Oui, si broyées

Laitue (sans vinaigrette)

Oui

Oui

Feuille, fleurs et plantes mortes

Oui

Oui, en petite quantité

Petites branches

Oui

Non

Cheveux et plumes

Oui

Non

Cendres de bois

Oui

Non

Os et viande

Non

Non

Produits laitiers

Non

Non

Noyaux, trognons de choux, feuilles de rhubarbe

Non

Non

Poisson et coquilles de mollusques

Non

Non

Mauvaises herbes et plantes malades

Non

Non

Matières traitées aux pesticides

Non

Non

Jardinage sans pesticides

Il existe de nombreux moyens de prendre soin de son jardin et de sa pelouse sans pour autant utiliser des pesticides. En voici quelques-uns que les citoyens pourront mettre en pratique pour embellir leur terrain.

Pelouse

Afin d’avoir une pelouse en santé et plus résistante, quelques règles à suivre sont de mise :

  • Suivre une hauteur de tonte de 7.5 cm, afin d’avoir une pelouse plus résistante aux mauvaises herbes et à la sécheresse
  • Aérer la pelouse à l’aide d’un aérateur manuel, préférablement entre août et septembre
  • Ensemencer le sol avec du compost, idéalement après une aération
  • Arroser la pelouse le soir ou la nuit et l’irriguer en profondeur, c’est-à-dire 2.5 cm d’eau par semaine lorsqu’il n’y a pas de pluie

Attention : l’arrosage doit être fait selon les règlements de la Ville de Montréal, sans quoi les citoyens risquent des amendes pouvant aller jusqu’à 1000$ :

  • Il est interdit d’arroser une pelouse entre 8 h et 18 h ou lorsqu’il pleut.
  • Il est interdit de laisser ruisseler sur le domaine public l’eau provenant d’un boyau d’arrosage.
  • Toute fontaine décorative doit être munie d’un système de recirculation d’eau.
  • Il est interdit de remplir une piscine entre 8 h et 18 h.

Jardin

Il existe également plusieurs conseils à suivre pour éviter de rencontrer certains problèmes dans le jardin :

  • Installer les bonnes plantes aux endroits appropriés, selon l’ombre ou l’ensoleillement, leur laisser suffisamment de place pour pousser et en choisir qui sont plus résistantes aux maladies
  • Éviter les infestations possibles en désinfectant les outils utilisés et en éliminant les débris de plantes malades ou infestées
  • Diversifier les espèces et les types de plantes afin de recréer un équilibre naturel entre les proies et les prédateurs qui entoureront le jardin

Engrais naturels ou synthétiques?

Pour fertiliser le sol, il est possible d’utiliser du compost, mais certains engrais sont également disponibles sur le marché.  Cependant, il faut savoir différencier les engrais naturels, qui sont constitués exclusivement d’éléments organiques (poudre d’os, farine de graines,…) ou minéraux (roche broyée), des engrais synthétiques qui proviennent de substances chimiques. Lorsque l’on achète de l’engrais, trois chiffres sont utilisés pour représenter le pourcentage d’azote (N), de phosphore (P) et de potassium (K) présent dans l’engrais. Seuls les engrais naturels ont des chiffres inférieurs à 10. Par ailleurs, contrairement aux engrais chimiques, les engrais naturels libèrent leurs éléments lentement et aident à nourrir le sol et à fertiliser les plantes. À l’opposé, les engrais chimiques ciblent seulement la plante et amènent un appauvrissement du sol, tout en étant nuisibles pour l’environnement par leur propagation dans les eaux.  Comme ils entraînent également une diminution des microorganismes présents dans le sol, ils rendent les plantes plus sensibles aux infestations et aux maladies. À titre de comparaison, pour soigner un proche, lui donneriez-vous une bouteille complète d’aspirine? L’effet obtenu serait le même que celui qui s’observe sur les plantes nourries par des engrais chimiques.

Pesticides à faible impact

L’utilisation de pesticides contre des insectes, des infections ou des animaux ravageurs qui sont dommageables pour l’environnement est règlementée par la Ville de Montréal.  En effet, il est interdit de les utiliser, sauf en cas d’infestation. Dans le cas présent, il faut alors se procurer un permis auprès de la Ville de Montréal avec justification, et un employé pourra, dans certains cas, aller visiter le lieu d’infestation d’avant d’émettre le permis. La Ville de Montréal définit ainsi l’infestation :

«L'infestation se définit par la présence d'insectes, moisissures ou autres agents nuisibles, à l'exception d'herbes nuisibles, sur plus de 50 % de l'espace délimitée par une pelouse ou sur plus de 5 m2 de l'espace délimité par une plate-bande. Il y a également infestation lorsque la présence d'herbes nuisibles, insectes, moisissures ou autres agents nuisibles, peu importe l'étendue, crée une menace à la sécurité, à la santé humaine, la survie des arbres et arbustes ou à la vie animale (art. 2).»

Cependant, en cas de problème avec la pelouse ou le jardin, il existe certains pesticides à faible impact qui peuvent être utilisés sans permis contre les insectes, les mauvaises herbes et les maladies. En voici quelques-uns :

  • Borax (et acide borique) : contre les fourmis et les perce-oreilles, à appliquer sous forme de gouttes ou de poudre
  • Savon herbicide (sels de potassium d’acide gras) : contre les algues, hépatiques, lichens et mousses, à vaporiser puis rincer après trente minutes
  • Huile minérale (huile horticole) : contre les acariens, aleurodes, cochenilles et pucerons, à appliquer afin de recouvrir les parties de plantes touchées
  • Phosphate ferrique : contre les escargots et les limaces, à appliquer le soir à la base des plantes après avoir humidifié le sol

Vers blancs

Plusieurs citoyens sont aux prises avec des problèmes de vers blancs.  Ces vers sont en fait les larves de hannetons et ils sont assez ravageurs puisqu’ils se nourrissent des racines du gazon.   D’ailleurs, certains mammifères comme la moufette ou le raton-laveur s’en nourrissent et creuseront donc des trous dans les pelouses pour en trouver.  Pour se débarrasser des vers blancs, voici quelques conseils :

  • Les hannetons sont attirés par la lumière. Il faut donc limiter l’éclairage à l’extérieur de la maison lors de leur période de ponte, soit en juin et en juillet.
  • Une pelouse en santé sera plus résistante aux hannetons.  Il est donc conseillé de suivre les directives mentionnées plus haut concernant la pelouse (aération du sol, pelouse plus longue, arrosage, épandage de compost, …).
  • Il est également possible d’enlever les hannetons à la main pour éviter qu’ils pondent des vers blancs, de préférence tôt le matin.
  • Le fait de planter des pieds d’alouette et des géraniums peut aider à contrer le problème puisque ces plantes sont toxiques pour le vers blancs. Par ailleurs, les nématodes entomopathogènes (petits vers) sont des parasites du vers blancs.  Une fois achetés, ils peuvent être appliqués entre août et septembre sur la pelouse infestée.
  • S’il y a infestation grave du sol, il faut enlever le gazon mort et ainsi que les larves avant de réensemencer ou d’installer de la tourbe.

Pour toute information supplémentaire sur les règlements municipaux et les ressources de l’arrondissement, nous vous invitons à consulter le site web de la Ville de Montréal : www.ville.montreal.qc.ca/rdp-pat

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