Comment va l’air que l’on respire?

Par Déborah Gerald, agente de mobilisation. mobilisation@ecopap.ca

Comme vous le savez peut-être, la France a eu, en décembre dernier, un épisode de pollution atmosphérique très important. En effet, plusieurs villes ont été touchées comme Paris et Lyon. Nous allons faire le point sur cette menace qui a touché la France et d’autres états.

Le problème météorologique

Ce phénomène est dû à l’inversion des températures. L’air à proximité du sol est plus froid que celui de l’atmosphère, qui piège les polluants au sol sous son couvercle.

Les effets sur l’Europe

Pour pallier à ce phénomène, la ville de Paris (principale ville touchée) et les 22 communes de la petite couronne, demandent aux citoyens de mettre en application le principe de la circulation alternée (circulation des véhicules à plaque d’immatriculation paire ou impaire, selon les jours). La ville, quant à elle, a proposé la gratuité des transports en commun.
Une décision plus importante a été prise pour éliminer les voitures les plus polluantes de la capitale française. À partir du 16 janvier 2017, une vignette de couleur, témoignant de son niveau de pollution, doit être installé sur chaque pare-brise. Lors de pic de pollution, la ville de Paris informera des couleurs de vignettes pouvant circuler dans la capitale.

D’autres villes comme Londres, Stockholm, Oslo et Dublin, ont déjà pris des mesures pour limiter les polluants atmosphériques. Des péages sont installés à l’entrée des grandes  villes.

Et le Québec dans tout ça …

En ce qui concerne le Québec, il n’est plus un bon exemple à suivre. Le Canada voit depuis plusieurs années une augmentation de son nombre de camions et VUS (ou crossover) mais cette influence n’avait pas encore touché la province du Québec. Malheureusement, en 2015, sur les 451 000 véhicules immatriculés, 233 000 (soit plus de 50 %) était des camions et VUS, or cette catégorie de véhicules pollue plus que les autres. De plus, entre 1990 et 2015, les ventes d’essence ont augmenté de 19.3% au Québec, d’où l’inquiétude des chercheurs sur les objectifs de réduction de gaz à effet de serre.

Un petit comparatif franco-québécois sur le parc automobile :

Il y a donc, proportionnellement à la population, moins de 60% des français qui ont une voiture contrairement au plus de 100% des québécois, cela signifie que dans la population du  Québec certaines personnes ont plus d’une voiture par personne.

Il est important de prendre des mesures permettant de désengorger les villes centre et aussi tendant à réduire les problèmes de santé publique.

En effet dans le monde, 1,3 millions de personnes meurent chaque année en raison de la pollution de l’air dans les villes. Les principaux risques sont des maladies respiratoires aiguës (pneumonie) et chronique (cancer des poumons) ainsi que de maladies cardio-vasculaires. Les enfants, les personnes âgées et les personnes déjà malades sont les plus vulnérables.

Crédit : Ville de Montréal, 26 février 2017

Pour ce qui est de Montréal et ses alentours, il n’y a pas de problème pour le moment. Toutes les zones et points verts indiquent une pollution inférieure à 17,5 μg/m3 pour les particules en suspension.

L’OMS (Office Mondiale de la Santé), indique qu’il est préférable de respirer un air avec entre 20 à 70 μg/m3 PM (notée « PM » en anglais pour « Particulate matter ») Montréal et ses alentours étant à un seuil inférieur, le risque est moins important.

Points importants à retenir  

En effet, même si la province de Québec n’est pas un bon élève pour l’achat de voiture, Montréal reste quand même la ville du Canada avec les plus faibles émissions de gaz à effet de serre, avec 5,4 tonnes de CO2 en moyenne par année alors que d’autres pratiques tels que le chauffage au bois, plus présent au Québec qu’en France, contribue à l’augmentation de la pollution de l’air .

Il y a quand même des bons gestes à avoir pour l’hiver pour pouvoir garder un air respirable. Tout d’abord, les sources d’émissions locales, notamment le chauffage au bois et le transport, ont un impact immédiat sur la qualité de l’air que nous respirons. Que ce soit à la ville ou à la campagne, chacun doit contribuer à améliorer la qualité de l’air. N’utilisez pas votre foyer ou votre poêle à bois, sauf s’il s’agit de votre seule source de chauffage. Privilégiez des modes de transport moins polluants (marche, métro, autobus, train, covoiturage). Si vous devez utiliser un véhicule motorisé, évitez de laisser tourner inutilement le moteur.

Chaque individu a un rôle à jouer dans la transition énergétique, mais qu’êtes-vous prêt à faire?

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